Baisse des ressources des CCI : un impact inévitable sur l’économie locale

Nous élus chefs d’entreprises comprenons bien sûr et partageons la volonté du Gouvernement de diminuer la pression fiscale sur les entreprises et de faire des économies budgétaires pour réduire le déficit. Nous sommes prêts à en prendre notre part.

Mais les mesures envisagées sont extrêmement lourdes de conséquences pour les entreprises et l’économie de notre département. C’est pourquoi j’ai saisi Monsieur le Préfet et les Députés de Seine-et-Marne pour attirer leur attention sur les conséquences de ces décisions.

 

 

Monsieur le Préfet,

Vous le savez, en raison des menaces de réduction drastique des ressources fiscales qui pèsent sur les CCI, l’heure est grave pour l’avenir de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Seine-et-Marne. C’est pourquoi je me dois de vous alerter.

Le Gouvernement ayant décidé de baisser de 37 % sur trois ans la taxe affectée aux CCI et de prélever 500 millions d’euros sur leurs fonds de roulement en 2015 (dont près de 20 M€ pour notre seule CCI), nous appelons votre attention quant à l’impact de ces prélèvements sur notre capacité à poursuivre nos missions, y compris celles que nous exerçons pour le compte de l’Etat, ainsi que celles relatives à la promotion des politiques publiques.

Partenaires des élus, des entreprises, des jeunes, sur l’ensemble du territoire, pour les accompagner, aider à l’investissement local, nous sommes conscients de notre rôle dans l’économie du département.

Nous formons en Seine-et-Marne plus de 2 000 apprentis par an (soit près de 25 % des apprentis du département), sur 5 sites. Ce nombre ne s’élevait qu’à 1 400 en 2005, tandis que les coûts sont restés maitrisés (en moyenne 6 704 € par apprenti et par an). En parallèle, nous avons créé la Place des Métiers/Cité des Métiers de Seine-et-Marne, qui reçoit gratuitement, en partenariat avec les acteurs de l’orientation et les branches professionnelles, plus de 14 000 visiteurs par an, jeunes, familles, salariés, demandeurs d’emploi en recherche d’information sur les métiers et les opportunités de carrières dans le département pour établir un projet professionnel ou de reconversion. Les 6 centres associés labellisés dans le département ont reçu pour leur part 2 000 visiteurs en 2013.

En matière d’appui aux entreprises, en 2013, notre CFE a réalisé plus de 20 000 formalités. Nous avons effectué 9 000 formalités internationales, enregistré 3 600 contrats d’apprentissage, reçu 100 personnes par mois aux réunions d’information sur la création d’entreprise, accompagné plus de 1 000 commerces et prestataires de service, organisé un programme de 8 conférences et ateliers juridiques qui a mobilisé 400 participants, accompagné 178 entreprises en difficultés…

Si les coupes sombres envisagées sont effectivement opérées dans notre budget, nous serons conduits à revoir l’intégralité de nos missions, à abandonner certains services et/ou l’accompagnement de certains secteurs d’activité, à réorienter nos implantations dans le département pour en diminuer le nombre (nous sommes actuellement sur 9 sites) et dégrader ainsi la qualité de notre relation de proximité avec les entreprises et les territoires, et à renoncer à la quasi-totalité de nos investissements. Par exemple, notre participation au projet de Maison de l’entreprise innovante que nous menons depuis plusieurs années avec la Communauté d’Agglomération du Val Maubuée pourrait, dans ces conditions, se trouver compromis.

Nous avons toujours été force de propositions pour réaliser des économies et nous réformer. Nous en avons donné l’exemple en Seine-et-Marne en fusionnant il y a 10 ans les CCI de Meaux et Melun. Mais les dispositions envisagées par le Gouvernement sont dangereuses pour la croissance et la compétitivité de notre pays. C’est pourquoi nous nous battons pour éviter une décision catastrophique :

 

  • Pourquoi se priver d’un acteur public présent sur l’ensemble du territoire, au contact des entreprises et à leur service, de leur création à leur expansion à l’international ?
  • Pourquoi mettre en péril des sections d’apprentissage formant nos jeunes dans des filières d’excellence ?
  • Pourquoi menacer des établissements d’enseignement supérieur à l’heure où les entreprises doivent innover pour espérer faire renaître la croissance et l’emploi ?


Vous l’avez compris, Monsieur le Préfet, il ne s’agit pas ici de chantage mais bien d’un cri d’alerte. Vous trouverez ci-joint des éléments de réponses aux arguments développés par notre Ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique. Chefs d’entreprises élus, dévoués à nos territoires, à nos entreprises, à notre jeunesse, nous avons besoin de toute l’aide que vous pourrez nous apporter pour préserver les atouts et l’avenir de l’économie de notre département.

Vous remerciant par avance de l’attention que vous pourrez porter à notre démarche, et restant à votre disposition pour vous apporter toute précision complémentaire, je vous prie de recevoir, Monsieur le Préfet, l’expression de ma haute considération.

Très cordialement, Jean-Robert Jacquemard.

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