Une inquiétude partagée sur l’apprentissage

Les débats ont de nouveau été très riches le 26 novembre dernier, lors du 2ème Forum Économique Interconsulaire organisé par les trois Chambres Consulaires de Seine-et-Marne (Chambre d’Agriculture, Chambre de Commerce et d’Industrie, Chambre de Métiers et de l’Artisanat).  Avec l’éclairage national et international de Gérard Bonos et Jean-Paul Betbèze, économiste reconnu, ce Forum fut l’occasion unanimement appréciée d’échanger sur les dynamiques du département, de faire le point sur certaines difficultés auxquelles font face les entrepreneurs actuellement, pour faire émerger des solutions communes.

En cette période de contrainte budgétaire, pour les entreprises comme pour les territoires, le travail en commun n’est plus seulement un projet, c’est une nécessité. Cette coordination est d’autant plus indispensable que l’attractivité de notre département montre des signes d’essoufflement. Au cours de la table ronde, Elisabeth DETRY, Thierry BONTOUR et moi avons plus particulièrement traité les problématiques formation, fiscalité et excès de réglementation.

Apprentissage : les Chambres Consulaires inquiètes face aux réformes en cours

Les trois Chambres ont également souligné leurs inquiétudes concernant l’apprentissage suite aux dispositions et/ou projets de réforme en cours. Alors que le Gouvernement souhaite augmenter le nombre d’apprentis, de 437 000 à ce jour à 500 000 en 2017, un faisceau de dispositions ou de propositions récentes risquent au contraire de conduire à une baisse du nombre de jeunes formés par cette voie. Par exemple :

  • La suppression de l’indemnité compensatrice versée aux entreprises accueillant des apprentis, finalement rétablie pour les entreprises de moins de 10 salariés ;
  • L’obligation d’un « permis de former » pour les maitres d’apprentissage dans certains domaines tel que l’hôtellerie-restauration peut compliquer davantage l’accès à l’apprentissage pour certaines entreprises. Si la mesure procède d’une bonne intention, sa généralisation à d’autres métiers doit être étudiée avec soin en mesurant bien les impacts réels selon les secteurs d’activité, pour éviter d’obtenir l’effet inverse à celui recherché ;
  • La décision de restreindre l’accès à l’apprentissage pour les plus jeunes conduit par ailleurs progressivement à la fin du Dispositif d’Initiation aux Métiers en Alternance (DIMA), alors que le dispositif avait fait les preuves de son efficacité, surtout pour les jeunes en recherche d’orientation professionnelle ;
  • Enfin se pose la question du libre choix par les entreprises de l’affectation d’une partie de leur taxe d’apprentissage. Ce dispositif est une garantie éprouvée de la qualité de la relation entre les entreprises et les établissements de formation. Le projet de réforme de la taxe d’apprentissage envisageant de laisser une plus grande latitude aux Conseils Régionaux dans l’affectation des fonds libres risque de remettre en cause cette relation de confiance, et à terme de pénaliser le financement de ce mode de formation.

Formant plus de la moitié des 9 000 apprentis du département, les Chambres Consulaires de Seine-et-Marne sont soucieuses d’assurer la bonne adéquation entre les besoins de compétences des entreprises et les jeunes désireux de trouver un emploi dans leur département de résidence.

Aussi appellent-elles les pouvoirs publics à la vigilance sur les conséquences des projets de réforme en cours alors que l’insertion professionnelle des jeunes est un des enjeux majeurs pour la société française.

Retrouvez ci dessous un lien vers la présentation réalisée par notre Direction Information Économique ainsi que quelques photos du Forum Économique Interconsulaire :

PREZI – 2e Forum Économique Interconsulaire

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